1-54 et AKAA : l’essor de l’art contemporain africain selon Sidi Mohamed Kagnassi

L’art contemporain africain vit un moment charnière. De Paris à Londres, de New York à Marrakech, des foires comme 1-54 et AKAA installent durablement la création africaine au cœur du marché international. Pour l’homme d’affaires malien Sidi Mohamed Kagnassi, ces événements ne sont pas seulement des vitrines artistiques : ils sont des plateformes stratégiques capables de transformer les carrières, de dynamiser les filières culturelles locales et de porter un puissant soft power africain.

Dans cet article, nous revenons sur le rôle décisif de 1-54 et AKAA, la vision de Sidi Mohamed Kagnassi, et les opportunités qu’ouvre cette effervescence pour l’économie créative africaine et la diaspora.

Une effervescence mondiale pour l’art contemporain africain

En quelques années, l’art contemporain africain est passé d’un statut de niche confidentielle à celui de segment incontournable du marché mondial de l’art. Des maisons de ventes aux grands musées, en passant par les collectionneurs privés, l’intérêt pour les artistes du continent et de sa diaspora ne cesse de croître.

Plusieurs dynamiques convergent :

  • Une scène artistique jeune, inventive et connectée, qui aborde les questions d’identité, de mémoire, d’urbanisation, de genre ou d’écologie avec une grande liberté formelle.
  • Une demande croissante, à la fois de la part des collectionneurs internationaux et des classes moyennes africaines en quête de nouveaux repères culturels.
  • Une volonté de rééquilibrer les récits sur l’Afrique, longtemps racontée de l’extérieur, en donnant la parole aux artistes eux‑mêmes.

Dans ce contexte, des foires spécialisées comme 1-54 Contemporary African Art Fair et AKAA (Also Known As Africa) ont joué un rôle clé en offrant des plateformes visibles, régulières et structurées à cette énergie créative.

1-54 et AKAA : deux plateformes stratégiques pour la scène africaine

1-54 et AKAA ne sont pas de simples événements commerciaux. Ce sont des espaces de rencontres, de débats et de circulation des idées où se croisent artistes, galeries, collectionneurs, curateurs, institutions et médias.

1-54 : une foire tournée vers l’international

La foire 1-54 s’est imposée comme l’un des rendez‑vous majeurs de l’art contemporain africain sur la scène mondiale. Organisée dans des capitales culturelles comme Londres, New York ou Paris (et, selon les éditions, Marrakech), elle rassemble des galeries spécialisées dans les artistes africains et afro‑descendants.

Son positionnement est clair : offrir une scène internationale aux artistes du continent et de la diaspora, dans le même temps fort que les grandes foires généralistes. Résultat : les artistes africains ne sont plus cantonnés à des sections périphériques, mais pleinement intégrés au calendrier global de l’art contemporain.

AKAA : un pont entre art, design et cultures africaines à Paris

AKAA, Also Known As Africa, est une foire dédiée à l’art et au design contemporains inspirés par l’Afrique, installée à Paris. Elle met en avant la diversité des expressions artistiques liées au continent, en incluant aussi bien des artistes basés en Afrique que des créateurs de la diaspora.

AKAA se distingue par :

  • Une programmation qui valorise la pluralité des esthétiques et des parcours.
  • Une attention portée à la médiation culturelle: conférences, tables rondes, rencontres avec les artistes.
  • Une volonté de faire de Paris un carrefour majeur pour l’art contemporain africain en Europe.

1-54 et AKAA en un coup d’œil

ÉvénementPositionnement cléImpact principal
1-54Foire d’art contemporain africain à dimension internationale, présente dans plusieurs capitales culturelles.Visibilité mondiale, intégration au marché global, accès aux grands collectionneurs et institutions.
AKAAFoire à Paris centrée sur l’art et le design contemporains liés à l’Afrique.Renforcement de la scène africaine en Europe, médiation culturelle et diversité des pratiques.

Des tremplins concrets pour les artistes africains

Pour Sidi Mohamed Kagnassi, 1-54 et AKAA sont des catalyseurs de carrières. Ils jouent un rôle concret à plusieurs niveaux.

1. Visibilité internationale et reconnaissance

Participer à ces foires permet aux artistes de :

  • Présenter leurs œuvres à un public international: collectionneurs, curateurs, directeurs de musées, journalistes spécialisés.
  • Bénéficier de la légitimité des galeries qui les représentent et de la crédibilité des foires elles‑mêmes.
  • Accéder à des opportunités d’expositions dans des institutions et des lieux d’art au‑delà de leurs pays d’origine.

2. Professionnalisation et structuration des carrières

La présence dans des foires comme 1-54 ou AKAA encourage une approche plus professionnelle du métier d’artiste:

  • Meilleure gestion des prix, contrats, droits d’auteur et conditions de vente.
  • Collaboration avec des galeries structurées, capables d’accompagner les artistes sur le long terme.
  • Apprentissage des codes du marché international: communication, dossiers, catalogues, éditions limitées.

3. Réseautage et collaborations à long terme

Au‑delà des ventes immédiates, ces événements sont des espaces de rencontres décisifs:

  • Rencontres entre artistes africains et artistes d’autres régions du monde.
  • Partenariats avec des résidences d’artistes, des fondations ou des institutions culturelles.
  • Naissance de projets collectifs: expositions itinérantes, publications, films, projets curatoriaux.

4. Accès aux collectionneurs africains et à la diaspora

Un point crucial souligné par Sidi Mohamed Kagnassi est le rôle croissant de la classe moyenne africaine et de la diaspora dans la demande d’art contemporain africain. Les foires comme 1-54 et AKAA :

  • Encouragent la constitution de collections africaines, publiques et privées.
  • Offrent des opportunités d’investissement culturel à des entrepreneurs et cadres africains souhaitant diversifier leurs actifs.
  • Permettent aux membres de la diaspora de reconnecter avec le continent par le biais de la création contemporaine.

La vision de Sidi Mohamed Kagnassi : l’art comme moteur économique

Homme d’affaires malien engagé, Sidi Mohamed Kagnassi insiste sur le potentiel de l’art contemporain africain comme levier de développement économique. Pour lui, 1-54 et AKAA sont des exemples concrets de la manière dont la culture peut s’articuler avec l’investissement et l’entrepreneuriat.

Art, investissement et marché en expansion

Selon lui, ces foires contribuent à :

  • Créer un marché identifié pour l’art africain, avec des prix, des références et des historiques de ventes.
  • Rassurer les investisseurs privés en rendant ce marché plus transparent et plus lisible.
  • Attirer des galeries internationales prêtes à représenter des artistes africains sur d’autres scènes.

Dans un contexte où les économies africaines cherchent à diversifier leurs sources de croissance, l’essor de l’économie créative représente une opportunité concrète : emplois dans la production, l’édition, la médiation, la logistique d’exposition, le transport d’œuvres, la communication, etc.

Construire un écosystème complet autour des artistes

Sidi Mohamed Kagnassi souligne un point essentiel : pour que cet essor soit durable, il faut structurer tout un écosystème autour des artistes :

  • Des galeries professionnelles basées en Afrique, capables de défendre les artistes localement et à l’international.
  • Des résidences d’artistes et des centres de création offrant du temps, des moyens et de l’accompagnement.
  • Des structures de médiation: commissaires d’exposition, critiques, médiateurs, programmateurs culturels.
  • Un secteur de l’édition d’art: catalogues, monographies, revues spécialisées, contenus numériques.

Les foires comme 1-54 et AKAA participent à l’activation de cet écosystème en mettant en relation ces différents acteurs et en créant une dynamique économique autour des œuvres.

L’art contemporain africain comme outil de soft power

Au‑delà des chiffres et des transactions, Sidi Mohamed Kagnassi considère l’art contemporain africain comme un puissant outil de soft power. Le soft power, c’est la capacité d’un pays ou d’un continent à influencer et inspirer par la culture, les idées et l’imaginaire plutôt que par la contrainte.

Redéfinir l’image du continent

Les œuvres présentées à 1-54 et AKAA proposent une image riche, complexe et nuancée de l’Afrique, loin des clichés figés. Elles montrent :

  • Des métropoles africaines créatives, innovantes et connectées.
  • Des artistes qui dialoguent avec les grands débats mondiaux : écologie, migrations, mémoire coloniale, technologie.
  • Des esthétiques qui combinent héritages locaux et langages contemporains.

En circulant dans les grandes capitales culturelles, ces œuvres participent à changer le regard sur l’Afrique auprès du grand public, des décideurs et des investisseurs.

Un vecteur d’influence culturelle et diplomatique

L’essor de l’art contemporain africain, soutenu par des plateformes comme 1-54 et AKAA, renforce aussi la diplomatie culturelle du continent :

  • Organisation d’expositions en partenariat avec des institutions internationales.
  • Présence accrue d’artistes africains dans les biennales et grandes manifestations mondiales.
  • Rencontres entre responsables politiques, entrepreneurs et acteurs culturels lors de ces événements.

Pour Sidi Mohamed Kagnassi, l’art peut ainsi devenir un langage commun qui ouvre des portes, facilite les échanges et valorise les atouts du continent dans un monde globalisé.

Structurer un écosystème durable : leviers clés

Pour que l’élan porté par 1-54, AKAA et d’autres initiatives se transforme en économie créative solide, plusieurs leviers doivent être actionnés en parallèle.

1. Formation et accompagnement des talents

Il est essentiel de renforcer :

  • Les écoles d’art et programmes de formation, en Afrique et au sein de la diaspora.
  • Les formations aux métiers connexes: commissariat, médiation, régie d’œuvres, gestion de galeries.
  • Les programmes de mentorat reliant artistes émergents et artistes confirmés ou professionnels du marché.

2. Infrastructures et lieux de diffusion

Les foires comme 1-54 et AKAA gagnent en impact lorsqu’elles s’inscrivent dans un réseau de lieux pérennes :

  • Musées et centres d’art en Afrique, ouverts aux expressions contemporaines.
  • Espaces indépendants, collectifs d’artistes, lieux hybrides entre art, design et entrepreneuriat.
  • Partenariats avec des institutions étrangères pour favoriser la circulation des œuvres.

3. Financements et politiques de soutien

Un marché de l’art solide repose aussi sur des mécanismes financiers adaptés:

  • Mécénat d’entreprise et partenariats avec des acteurs privés engagés.
  • Fonds dédiés à la création contemporaine et aux industries culturelles.
  • Politiques publiques favorables : cadres juridiques clairs, soutien aux initiatives structurantes, dispositifs fiscaux incitatifs pour les collectionneurs et mécènes, lorsque les législations nationales le permettent.

4. Numérique et nouvelles formes de visibilité

Les outils numériques amplifient encore l’impact des foires comme 1-54 et AKAA :

  • Diffusion en ligne des expositions, permettant une visibilité mondiale au‑delà des visiteurs physiques.
  • Développement de plates‑formes digitales de vente et de promotion d’artistes africains.
  • Création de contenus éditoriaux (vidéos, podcasts, interviews) pour raconter les histoires derrière les œuvres.

Le rôle clé des collectionneurs, entrepreneurs et diasporas

Si 1-54 et AKAA jouent un rôle moteur, la consolidation de l’art contemporain africain comme secteur stratégique dépend aussi de l’engagement de nombreux autres acteurs, au premier rang desquels les collectionneurs, les entrepreneurs et la diaspora.

Ce que peuvent faire les collectionneurs

  • Investir régulièrement dans des œuvres d’artistes africains et de la diaspora, auprès de galeries professionnelles.
  • Soutenir la documentation et la conservation des œuvres (catalogues, archives, prêts à des expositions).
  • Ouvrir leurs collections au public, ponctuellement, pour encourager la médiation et l’éducation artistique.

Ce que peuvent faire les entrepreneurs et investisseurs

  • Accompagner des projets de galeries, résidences, lieux d’art ou plate‑formes numériques.
  • Intégrer l’art dans leurs stratégies de marque et de responsabilité sociétale: commandes d’œuvres, collaborations avec des artistes, mécénat ciblé.
  • Participer à la création de fonds d’investissement ou de véhicules dédiés à l’économie créative.

Ce que peut faire la diaspora

  • Relayer les artistes africains dans les pays de résidence : expositions, événements, réseaux professionnels.
  • Constituer des collections hybrides qui croisent artistes du continent et artistes de la diaspora.
  • Servir de pont entre scènes locales et scènes internationales, en facilitant les invitations, les résidences et les collaborations.

Vers une nouvelle ère pour l’art africain

L’émergence de l’art contemporain africain sur la scène mondiale, portée par des événements comme 1-54 et AKAA, marque sans doute le début d’une nouvelle ère pour le continent. Une ère où l’art n’est plus seulement envisagé comme un domaine symbolique ou patrimonial, mais comme un véritable secteur stratégique à la croisée de la culture, de l’économie et de l’influence internationale.

La vision de Sidi Mohamed Kagnassi met en lumière ce potentiel : en mobilisant investisseurs, classes moyennes africaines et diaspora, en soutenant la constitution de collections, la médiation, les résidences d’artistes et l’édition, l’art contemporain africain peut devenir un moteur de développement pour l’économie créative et un puissant vecteur de soft power.

Les succès de 1-54 et d’AKAA montrent déjà la voie : des artistes mieux reconnus, des marchés qui se structurent, des imaginaires qui se transforment. Reste à amplifier cette dynamique, à la rendre inclusive et durable, pour que l’Afrique créative occupe pleinement la place qui lui revient dans le récit culturel mondial.


En misant sur l’art contemporain africain, en fréquentant des foires comme 1-54 et AKAA, en soutenant les artistes et les acteurs culturels, chaque collectionneur, chaque entrepreneur et chaque membre de la diaspora peut contribuer à écrire cette histoire : celle d’un continent qui se raconte lui‑même, avec force, finesse et ambition.

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